L’abus d’alcool ou de stupéfiants affecte les performances des employés, et constitue ainsi un risque additionnel pour la sécurité et la santé de l’espace de travail. Lorsque l’on prend la problématique globale alcool et stupéfiants en entreprise, la prévention et la sensibilisation sont souvent évoquées. Qu’en est-il du dépistage ? Est-ce une stratégie prometteuse pour une entreprise et ses collaborateurs ?

C’est ce que cette étude a tenté de découvrir.

 

L’objectif principal de cette dernière est de fournir des preuves solides de l’association dépistages/accidents et de mesurer les différences dans les taux d’accidents entre les employés testés et non testés.

De plus, les auteurs ont l’intention d’établir la fréquence optimale des essais, c’est-à-dire la fréquence annuelle qui est la plus efficace pour prévenir les accidents, ainsi que de fournir une estimation approximative, mais mesurable, du rendement sur l’investissement.

Cette étude s’est déroulée au Portugal, dans une compagnie de transport ferroviaire.

Elle a suivi 3801 employés pendant 5 ans et demi. Ces employés furent divisés entre 3 sous-groupes : employés travaillants à bord des trains, à proximité des trains, et à distance des trains.

Dans chaque sous-population apparaît un groupe de contrôle, n’ayant jamais subi de dépistages ou d’accidents avant le début de l’étude. Durant la durée de l’étude, ce groupe de contrôle ne fut jamais dépisté.

La population soumise à des dépistages aléatoires a subi moitié moins d’accidents du travail par rapport au groupe de contrôle, 19,4% contre 47%.

Mais les chiffres ne s’arrêtent pas là.

En comparant le taux d’accident et la fréquence de dépistage, les résultats indiquent qu’il est quasiment quatre fois plus probable d’être victime d’un accident du travail lorsque l’on n’est pas soumis à dépistage.

À la surprise générale, le groupe ayant connu la plus grande diminution d’accident à la suite du dépistage sont les « cols blancs ».  89 accidents pour 1000 employés sont survenus dans le groupe de contrôle contre 13 dans le groupe testé à fréquence optimale, soit pratiquement 8 fois moins d’accidents. Cela met en exergue l’importance du dépistage de toutes les catégories socio-professionnelles composants l’entreprise, à la place des seuls postes dits « hypersensibles ». Ainsi, lorsque l’on compare les fréquences d’accidents entre les employés testés ou non, les auteurs ont pu estimer à 66% le nombre de victimes évitées grâce à la politique de dépistage !

Ce qui prouve l’existence d’une relation entre le dépistage et la diminution du risque d’accidents du travail.

 

Après l’analyse de la fréquence à laquelle les employés ont été soumis à un dépistage, il a été possible d’établir pour chaque groupe professionnel une fréquence de dépistage optimale.

En pratiquant une estimation simplifiée du rapport coûts-bénéfices, l’étude conclue qu’en appliquant la fréquence optimale de dépistage (1 dépistage / an), l’entreprise économise 15€ pour chaque euro investi. En outre, une autre étude, traitant spécifiquement du rapport coût-bénéfice d’une opération de dépistage alcool et stupéfiants, aboutissait à un ratio de 26€ économisés pour chaque euro investi.

Le dépistage aléatoire a donc un impact dissuasif sur l’abus d’alcool ou la consommation de produits stupéfiants sur le lieu de travail. Ce qui entraîne une diminution des accidents, quel que soit le poste concerné.

Les statistiques ressortant de cette étude montrent que, de l’instauration d’une politique de dépistage préventif, ressort des bénéfices économiques ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie au travail.

Mercredi dernier, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié son état des lieux de la consommation des opioïdes en France, dont l’objectif principal est la prévention des risques.
Que sont ces médicaments qualifiés de fléau Outre-Atlantique qui inquiètent les autorités françaises, et pourquoi ?

 

Que sont les opioïdes ?

Les opioïdes sont des antalgiques à base d’opium dont la prescription est en hausse ces dernières années, prescrits dans le cadre de douleurs chroniques. Ils sont divisés en deux catégories :

Bien qu’extrêmement efficaces, ils sont tout aussi dangereux.

En effet, ces derniers présentent un risque d’addiction important, en plusieurs points similaires à des stupéfiants ; dépendance, sensation de manque associée à des pulsions suicidaires, somnolence, impression de vivre dans le « brouillard », et même overdoses.

Mais la plus grande menace vient de la tolérance. Etant prescrit pour des douleurs chroniques, le cerveau des patients s’habitue au médicament et installe le besoin d’une plus forte dose. C’est à ce moment que le risque est le plus grand. Pour remédier à la sensation d’inefficacité, le patient va alors être tenté d’augmenter sa dose, car il ressentira moins les effets du médicament.

Aux Etats-Unis, on dénombre plus de 300 000 décès par overdoses causés par ces médicaments depuis le début des années 2000, et dont le nombre de victimes ne cesse de croître, 4000 en 1999, 16 000 en 2010, 33 000 en 2015 et 72 000 en 2017, dépassant le record du nombre de morts par arme à feu de 2017 (39 773).

Des statistiques effrayantes, à tel point que, le 26 octobre 2017, Donald Trump déclare l’épidémie d’overdoses dues aux opioïdes « d’urgence sanitaire nationale ».

 

Et en France ?

Aujourd’hui, on estime entre 10 et 12 millions le nombre de français ayant reçu une prescription d’opioïdes. Entre 2004 et 2017, la prescription a doublé, le nombre d’hospitalisation a grimpé de 167% et celui de décès de 146% entre 2000 et 2015

Si les chiffres diffèrent autant de ceux d’Amérique, cela est dû à notre système de santé.Plusieurs facteurs rendent moins propice une crise sanitaire :

Les opioïdes ont aussi été détournés de leur but premier à cause de leurs effets similaires aux stupéfiants, ce qui a conduit à ce qu’ils soient accessibles seulement sur ordonnance.

Malgré cela, les overdoses d’opioïdes sont plus fréquentes que celles induites par l’héroïne ou la méthadone. On comptabilise actuellement environ 4 décès par semaine imputables à ces médicaments en France.

 

Que faire ?

Dans le cas où l’on soupçonne un comportement dangereux, il faut chercher les signes d’une addiction :

A cause de la ressemblance entre l’addiction aux opioïdes et celle aux stupéfiants, il peut être difficile pour les patients d’admettre le problème. Il faut dans ce cas compter sur la bienveillance de leurs proches.

Avec certains de ces médicaments, la conduite est déconseillée. Regardez le petit triangle situé sur vos médicaments.

Pictogramme opioïdes médicament conduite niveau 1 jaune– Si le pictogramme est jaune, il est recommandé de lire la notice avant de conduire.

Pictogramme opioïdes médicaments conduite niveau 2 orange– S’il est orange, vous avez besoin de l’avis d’un professionnel avant de reprendre le volant.

Pictogramme médicament conduite niveau 3 rouge– S’il est rouge, il est interdit de conduire, et après l’arrêt du médicament vous devez consulter un médecin avant de reprendre le volant.

Si vous consommez des opioïdes, il est recommandé de prendre avec vous votre ordonnance lorsque vous conduisez.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet, voici un lien vers le documentaire envoyé spécial consacré au sujet. (Traité lors de la deuxième partie de l’émission.)

Drogue au travail : que peut faire l’employeur s’il surprend un salarié en train de consommer de la drogue sur le lieu de travail ? Et s’il le soupçonne de travailler sous l’influence de stupéfiants ?

L’employeur, garant de la sécurité de ses salariés, doit être attentif à cette problématique de consommation de drogue par son personnel.
Deux situations peuvent se présenter :

D’une part, ce test ou dépistage est prévu expressément par le règlement intérieurde la société ;
D’autre part, le salarié concerné occupe un poste « à risques » pour lequel l’emprise de drogue constitue un danger pour lui, les autres salariés ou les tiers (salariés affectés à la conduite de véhicules ou amener à manipuler des produits dangereux).
Avec l’application @iThylo, nous pouvons dématérialiser les résultats des dépistages salivaires afin d’assurer une traçabilité et un reporting des actions réalisées.
Pour lire l’ensemble de l’article c’est ici –> https://bit.ly/2tK4Hni

L’Assemblée nationale a voté une extension du cadre légal pour les dépistages de stupéfiants ou d’alcoolémie au volant. Une initiative qui ne s’inscrit nullement à la suite d’un état d’urgence décrétée suite aux événements dramatiques que l’on sait. Dans ce cas, il s’agit du résultat de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi sur la Santé.
Bernard Cazeneuve n’y est pour rien. En revanche, la ministre de la Santé Marisol Touraine y est pour beaucoup : «il s’agit de renforcer nos objectifs de prévention» a déclaré la ministre de la Santé. Le Code de la route ne permettait pas jusque-là aux forces de l’ordre de réaliser d’initiative des dépistages de stupéfiants en bord de route. Ces dépistages ne sont réalisés de façon obligatoire qu’en cas d’accident corporel de la circulation routière.
Par l’amendement voté, gendarmes et policiers pourront pratiquer de tels tests «même en l’absence d’accident de la circulation, d’infraction ou de raisons plausibles de soupçonner un usage de stupéfiants».
Concernant les tests d’alcoolémie, ils ne sont possibles à ce jour que lors de contrôles routiers aléatoires sur réquisition du procureur de la République ou lors de la constatation d’une infraction identifiée par le code de la route comme tendant le dépistage de l’imprégnation alcoolique comme obligatoire. Ce sont les cas, par exemple, des excès de vitesse, du port de la ceinture ou du casque. Ce dépistage est aussi obligatoire pour les infractions punies d’une peine complémentaire de suspension du permis de conduire.
L’amendement vise ainsi à donner la possibilité de réaliser un dépistage d’alcoolémie pour toute infraction au Code de la route constatée et non plus en fonction d’une liste limitative.
Source :www.caradisiac.com