Opioïdes, médicaments ou stupéfiants sur ordonnances ?

main blessée et comprimés

Opioïdes, médicaments ou stupéfiants sur ordonnances ?

Mercredi dernier, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié son état des lieux de la consommation des opioïdes en France, dont l’objectif principal est la prévention des risques.
Que sont ces médicaments qualifiés de fléau Outre-Atlantique qui inquiètent les autorités françaises, et pourquoi ?

 

Que sont les opioïdes ?

Les opioïdes sont des antalgiques à base d’opium dont la prescription est en hausse ces dernières années, prescrits dans le cadre de douleurs chroniques. Ils sont divisés en deux catégories :

  • Les opioïdes faibles, tels la Codéine, le Tramadol ou l’Izalgi, sont prescrits contre les douleurs modérées à intenses. Ils sont délivrés depuis 2017 sur ordonnance non renouvelable.
  • Les opioïdes forts, Fentanyl, Morphine, Oxycodone ou Hydromorphone, prescrits contre les douleurs intenses et chroniques, sur ordonnances sécurisées.

Bien qu’extrêmement efficaces, ils sont tout aussi dangereux.

En effet, ces derniers présentent un risque d’addiction important, en plusieurs points similaires à des stupéfiants ; dépendance, sensation de manque associée à des pulsions suicidaires, somnolence, impression de vivre dans le « brouillard », et même overdoses.

Mais la plus grande menace vient de la tolérance. Etant prescrit pour des douleurs chroniques, le cerveau des patients s’habitue au médicament et installe le besoin d’une plus forte dose. C’est à ce moment que le risque est le plus grand. Pour remédier à la sensation d’inefficacité, le patient va alors être tenté d’augmenter sa dose, car il ressentira moins les effets du médicament.

Aux Etats-Unis, on dénombre plus de 300 000 décès par overdoses causés par ces médicaments depuis le début des années 2000, et dont le nombre de victimes ne cesse de croître, 4000 en 1999, 16 000 en 2010, 33 000 en 2015 et 72 000 en 2017, dépassant le record du nombre de morts par arme à feu de 2017 (39 773).

Des statistiques effrayantes, à tel point que, le 26 octobre 2017, Donald Trump déclare l’épidémie d’overdoses dues aux opioïdes « d’urgence sanitaire nationale ».

 

Et en France ?

Aujourd’hui, on estime entre 10 et 12 millions le nombre de français ayant reçu une prescription d’opioïdes. Entre 2004 et 2017, la prescription a doublé, le nombre d’hospitalisation a grimpé de 167% et celui de décès de 146% entre 2000 et 2015

Si les chiffres diffèrent autant de ceux d’Amérique, cela est dû à notre système de santé.Plusieurs facteurs rendent moins propice une crise sanitaire :

  • Pas de prescriptions de masse.
  • Contrôle de la publicité différent.
  • Accès aux anti-douleurs réglementé.

Les opioïdes ont aussi été détournés de leur but premier à cause de leurs effets similaires aux stupéfiants, ce qui a conduit à ce qu’ils soient accessibles seulement sur ordonnance.

Malgré cela, les overdoses d’opioïdes sont plus fréquentes que celles induites par l’héroïne ou la méthadone. On comptabilise actuellement environ 4 décès par semaine imputables à ces médicaments en France.

 

Que faire ?

Dans le cas où l’on soupçonne un comportement dangereux, il faut chercher les signes d’une addiction :

  • L’utilisation abusive en quantité ou en durée.
  • Difficulté à diminuer ou arrêter le traitement, symptômes similaires à celui du sevrage.
  • Prêter une attention particulière aux signes d’une potentielle intoxication aux opioïdes comme la somnolence ou les contractions involontaires des pupilles.
  • Perte signifiante d’envie ou de motivations.
  • Besoin de consommer une quantité supérieure à celle recommandée.
  • Épuiser la quantité de médicaments avant la date indiquée.

A cause de la ressemblance entre l’addiction aux opioïdes et celle aux stupéfiants, il peut être difficile pour les patients d’admettre le problème. Il faut dans ce cas compter sur la bienveillance de leurs proches.

Avec certains de ces médicaments, la conduite est déconseillée. Regardez le petit triangle situé sur vos médicaments.

Pictogramme opioïdes médicament conduite niveau 1 jaune– Si le pictogramme est jaune, il est recommandé de lire la notice avant de conduire.

Pictogramme opioïdes médicaments conduite niveau 2 orange– S’il est orange, vous avez besoin de l’avis d’un professionnel avant de reprendre le volant.

Pictogramme médicament conduite niveau 3 rouge– S’il est rouge, il est interdit de conduire, et après l’arrêt du médicament vous devez consulter un médecin avant de reprendre le volant.

Si vous consommez des opioïdes, il est recommandé de prendre avec vous votre ordonnance lorsque vous conduisez.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet, voici un lien vers le documentaire envoyé spécial consacré au sujet. (Traité lors de la deuxième partie de l’émission.)

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